Thème transversal: Communication (copie 1)

- Les radios communautaires sont régulièrement utilisées par les partenaires au développement pour sensibiliser les populations rurales
Les trois volets de la communication au LUCOP
La communication est un vaste domaine d’activités qui, au LUCOP, comporte trois volets :
- La communication interne concerne les différents collaborateurs et unités du programme et vise entre autre à une bonne harmonisation des activités menées dans les trois composantes. Elle passe notamment par l’organisation de groupes de travail thématiques ou d'ateliers, par la communication orale et électronique, par une lettre de diffusion interne (LUCOP Interne) et un intranet.
- La communication externe et institutionnelle a pour but de faire connaître les activités et résultats du programme aux différents ministères nigériens responsables du développement rural ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers (PTF), chercheurs, étudiants ou acteurs de la société civile. Elle se fait à travers diverses rencontres et cadres de concertation, notamment le comité de pilotage, mais aussi par les publications, la couverture médiatique de certains événements, le site Internet ou le bulletin d’information trimestriel du programme (LUCOP Info).
- La communication pour le développement englobe toutes les actions de vulgarisation, de sensibilisation et de communication menées en direction ou en appui aux groupes cibles du LUCOP, notamment les communes et les populations rurales. Elle renvoie à des supports et canaux très divers, tels que les posters, les émissions radiophoniques ou encore les campagnes de sensibilisation, les crieurs publics, les assemblées villageoises, le bouche à oreille, le théâtre etc.

- Les images aident à animer les discussions avec des populations majoritairement analphabètes
Qu'est-ce que la communication pour le développement?
La communication pour le développement est une discipline qui a vu le jour dans les années 1950. A cette époque, on considérait que l’introduction des mass média et la diffusion d’informations d’ordre éducatif, politique et culturel suffirait à moderniser les sociétés du Tiers Monde. Les théoriciens de cette vision de la communication pour le développement sont Daniel Lerner, Wilbur Schramm et Everett Rogers. Cette manière de voir la communication relève du modèle moderniste du développement selon laquelle les pays du Sud doivent « rattraper » les pays du Nord grâce à un transfert de technologies, de savoir et de compétences.
Les modèles de communication dits « diffusionnistes » reposent sur l’idée qu’un message est transféré d’une source vers un récepteur dans l’intention de changer le comportement du récepteur. Habituellement, la source veut changer la perception que le récepteur a d’une idée, changer son comportement par rapport à elle ou le persuader de l’adopter pour qu’elle fasse partie de son comportement habituel. Dans ces modèles, on utilise tous les média de masse du type télévision et radio, mais aussi les « petits » média comme les publications, les posters et les dépliants. Exposés à tous ces médias, les groupes cibles peuvent adopter de nouvelles idées, de nouvelles technologies et de nouveaux comportements. Les modèles de communication s’appuyant sur ce paradigme sont le marketing social, la communication pour le changement de comportement (CCC) ou l’éducation-divertissement (education-entertainment).
A côté du modèle diffusionniste, on trouve le modèle participatif. Ce modèle est né des critiques formulées à l’encontre du modèle diffusionniste qui présupposait que l’individu était la cause de son propre sous-développement et qu’en lui faisant changer son attitude, on allait pouvoir développer la société. Traditionnellement, les individus sont organisés au sein de diverses communautés (d’âge, de sexe, de professions, etc.) essentielles dans la prise de décision et dans l’action communautaire. Or le modèle diffusionniste met l’accent sur le transfert de savoirs et de technologies au détriment des savoirs locaux existants. Le modèle participatif, développé notamment par l’éducateur brésilien Paulo Freire dans le cadre de projets d’alphabétisation, s’intéresse quant à lui à la « pédagogie dialogique » qui prône une communication donnant un sens d’appropriation aux participants à travers le partage et la reconstitution de leurs expériences vécues.
Dans le modèle participatif, la communication s’appuie principalement sur le dialogue et non sur les média. Les groupes et individus choisissent eux-mêmes les thèmes qui les intéressent, les messages qu’ils veulent diffuser et les média par lesquels ils veulent passer. Par opposition au modèle diffusionniste, la communication est ainsi horizontale au lieu d’être verticale. Elle s’appuie sur un processus plutôt que sur une campagne, est axée sur le long terme, vise l’appropriation des messages et des outils par les communautés et cherche à faire prendre conscience plutôt qu’à persuader.
Les modèles diffusionniste et participatif ne s’excluent pas l’un l’autre et peuvent au contraire se compléter. Par exemple, une stratégie plutôt diffusionniste peut être très efficace pour une campagne de vaccination. Les récentes discussions sur la communication pour le développement préconisent un mélange des deux approches, avec des éléments participatifs à tous les niveaux de communication et l’utilisation de différents média.
La communication communale
C’est en matière de communication communale que le LUCOP veut actuellement le plus entreprendre. En effet, les communes d’intervention du programme rencontrent de nombreux problèmes de communication qui freinent leur développement. Parmi elles, citons notamment les suivants :
- Les élus et autres acteurs communaux ne savent ou ne veulent pas partager les informations qu’ils détiennent de manière transparente. Cette rétention d’information peut avoir plusieurs explications : conflits interpersonnels ou politiques, conflits entre élus et chefs traditionnels, méconnaissance des mécanismes de communication etc.
- Les activités de la commune sont souvent peu connues car les élus ne vont pas à la rencontre de leurs populations, qu’ils ne connaissent pas bien leur rôle dans la communication communale ou qu’ils utilisent mal les canaux de communication dont ils disposent (radios, chefs de village, affichages à la mairie, assemblées villageoises etc.)
- Les radios communautaires, outils de communication au fort potentiel, manquent souvent des ressources financières et humaines nécessaires.
- Les populations participent rarement à la prise de décision dans leurs communes. Certains groupes, comme les femmes et les jeunes, sont particulièrement marginalisés.
- Des acteurs clés pour le développement de la commune, par exemple les élus et les organisations de la société civile, n’entretiennent que peu de relations.
La communication communale est un vecteur de bonne gouvernance. Elle a pour buts :
- Le bon fonctionnement des institutions : en étant à l’écoute des populations, les autorités communales peuvent mieux répondre à leurs besoins et renforcer leur légitimité auprès d’eux.
- La participation des populations à plusieurs niveaux : elles peuvent influencer la prise de décision et contrôler l’action de leurs élus.
- La prévention des conflits : quand elle met les acteurs en contact les uns avec les autres, la communication est synonyme de concertation et donc de prévention des conflits.
Pour en savoir plus, vous pouvez trouver certains supports de communication utilisés par le LUCOP dans les Ressources.
Pour plus de renseignements sur la communication en général, écrivez à : communication
lucop.org
Pour des suggestions ou informations sur le LUCOP Info, utilisez l’adresse : lucopinfo
lucop.org



